
La cataracte est aujourd’hui la première cause de cécité dans le monde selon l’OMS, et représente une pathologie extrêmement courante chez les personnes âgées. En France, elle constitue l’intervention chirurgicale la plus réalisée, avec plus de 900 000 opérations par an.
Mais pourquoi une telle fréquence ? Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène : le vieillissement de la population, l’évolution des techniques médicales, l’amélioration des conditions opératoires et une prise en charge de plus en plus précoce.
1. La cataracte : une pathologie très fréquente liée à l’âge
La cataracte correspond à l’opacification progressive du cristallin, entraînant une baisse irréversible de la vision.
En France, elle touche :
| Tranche d’âge | Prévalence de la cataracte |
| 65 – 74 ans | Environ 50 % |
| 75 – 84 ans | Environ 70 % |
| 85 ans et plus | Plus de 90 % |
Le vieillissement de la population française augmente mécaniquement le nombre de patients susceptibles d’être opérés.

2. Un nombre d’interventions en constante augmentation
La chirurgie de la cataracte est de très loin l’acte le plus pratiqué en France.
- Environ 3 000 opérations par jour en 2024.
- Progression régulière du nombre d’interventions : de 400 000 en 1998 à plus de 900 000 en 2026.
Cette croissance s’explique à la fois par la démographie et par la modernisation des techniques opératoires.
3. Une chirurgie devenue ultra-rapide et très sûre
L’évolution technologique : la phacoémulsification
Avant les années 1990, l’opération de la cataracte nécessitait une incision de 10 mm, des points de suture et une hospitalisation de plusieurs jours. Aujourd’hui, la technique de référence est la phacoémulsification :
- Incision microscopique : 2 à 3 mm.
- Fragmentation aux ultrasons : le cristallin opacifié est fragmenté et aspiré.
- Implant pliable : un implant intraoculaire est inséré par la même micro-incision.
- Pas de points de suture.
| Critère | Avantage |
| Durée de l’intervention | 10 à 15 minutes par oeil |
| Anesthésie | Locale (gouttes), sans risque pour les patients |
| Récupération | Retour au domicile le jour même |
| Complications | Taux inférieur à 1 % pour les complications |
Le virage ambulatoire
La France a fait de la chirurgie de la cataracte le pilote du virage ambulatoire.
Aujourd’hui :
- Plus de 98 % des opérations de la cataracte sont réalisées en ambulatoire.
- La durée de séjour en ambulatoire à la clinique Delay est de 2h30
4. Une prise en charge largement soutenue par l’Assurance maladie
L’opération de la cataracte et la pose d’un implant standard sont prises en charge par l’Assurance Maladie, tandis que les éventuels dépassements d’honoraires et le surcoût des implants haut de gamme (correcteurs de presbytie ou d’astigmatisme) relèvent de la complémentaire santé.
Cette accessibilité économique facilite un recours large, contrairement à d’autres pays où le coût peut être un frein.
Questions fréquentes sur la chirurgie de la cataracte
Pourquoi la cataracte est-elle plus opérée en France que dans d’autres pays européens ?
La France combine un vieillissement démographique marqué, une organisation en ambulatoire très développée et un système de tarification à l’activité qui incite les établissements à pratiquer cet acte en grand volume.
La cataracte peut-elle être opérée tôt ?
L’indication chirurgicale repose sur la gêne fonctionnelle ressentie par le patient. Il n’y a pas de seuil d’acuité visuelle obligatoire. L’opération peut être proposée dès que la qualité de vie est altérée.
Quels sont les risques de l’opération ?
Les complications graves (endophtalmie, décollement de rétine) sont rares (moins de 1 %). La complication la plus fréquente est l’opacification secondaire de la capsule.
L’opération est-elle douloureuse ?
Non. L’anesthésie locale par collyres supprime toute douleur pendant l’intervention. Une sensation de gêne peut persister quelques heures après.
sources : Assurance Maladie, Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES), Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF), Haute Autorité de Santé (HAS) , Jim.fr, réalitésophtalmologiques.fr